• Qui ?

     Qui ? C’est une question. Une question banale, sans importance. Le qui, le quoi, le comment, le pourquoi : ça n’importe pas, n’est-ce pas ? Ce n’est pas vraiment important. On y pense, puis on oublie. Ça trotte dans la tête un peu, lorsqu’on a rien d’autre à penser. Et puis, ça disparaît comme c’est venu : d’un coup, sans prévenir. Sans qu’on s’en rende compte. On ne pense jamais à ça volontairement. Jamais. Nous n’appelons pas le qui : c’est le Qui qui vient à nous. Et quand il vient, il s’installe. Jusqu’à ce qu’on le chasse.

    Moi je n’arrive pas à le chasser. Il s’est installé il y a bien longtemps et n’a jamais voulu décamper. Pourtant, c’est pas faute d’avoir insisté. Mais il s’accroche. Il résiste. J’ai abandonné la lutte. Depuis, le Qui m’habite. A chaque instant. Il est partout, tout le temps, et menace de m’assaillir à tout moment. Je ne sais jamais quand il reviendra, quand il s’amusera à me faire douter. Je vis perpétuellement avec cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de ma tête. Prête à trancher ma gorge comme le couperet d’une guillotine. Et le voilà qui revient.

    « Qui es-tu, hurle-t-il. Qui es-tu et que veux-tu ? » Je veux parler. Je veux répondre. Mais il m’a volé mes mots : je n’en ai plus aucun à lui proposer. Je reste muet, comme un con.

    C’est la crise. La crise Quidentitaire. Parfois, j’aimerais dire…

    Va te faire foutre, Qui que je sois.

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